Création 2011
Solo créé et interprété par Rachid Ouramdane.
En cours de production
Loin… (2008) et ses jeux de strates identitaires, Les morts pudiques (2004) et son flux aléatoire de masques… Le solo est pour moi un grand standard de l’art polyphonique. Il est aussi un format privilégié pour interroger les rapports entre corps et politique.
Ma nouvelle création naît d’un travail chorégraphique amorcé avec Les morts pudiques, solo basé sur les différentes représentations de la mort, archivées par les moteurs de recherches sur internet. J’y expérimentais un corps polymorphe, métamorphosable à l’infini, une mémoire vive capable d’enregistrer, effacer, ou réinscrire des éléments de la réalité contemporaine. Je cherche, avec cette nouvelle création, à faire du plateau une base de données sur les diverses représentations nationales et leurs évolutions au cours de l’Histoire.
De quelle façon une idéologie s’incarne t-elle dans des formes sensibles ? Quelles attentes du pouvoir l’œuvre d’art vient-elle servir ? Quels stigmates l’histoire politique laisse t-elle sur les corps ? Aucune société, que le pouvoir y soit conservateur, libéral ou révolutionnaire, ne s’est développée en considérant l’art comme production accessoire. L’histoire politique est indissociable des formes qui l’incarnent. Arts affiliés à l’idéal d’une nation, science héraldique, art des blasons, mouvement futuriste, esthétique commémorative, réalisme socialiste, corps statufiés et monumentaux, idoles officielles et graphisme d’état… c’est cette multiplicité d’images que je tenterai de faire apparaître, comme des réminiscences, par le biais d’un corps en scène et d’images vidéo qui infuseront la totalité du plateau. Entre esthétique posturale, images de virtuosité physique ou actions proches du Body Art, il s’agira, pour moi d’endosser des types de corps validés par certains régimes politiques, d’incorporer, littéralement, les couleurs des insignes nationaux ou de se fondre dans la plastique d’Etat. Sur une scène de leurres où la réalité se désagrège dans des espaces virtuels, des truchements visuels et des artifices sonores, c’est la dissolution du corps dans des idéaux officiels qui sera mise en jeu.
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