Projet
Que peut la danse que les livres d'histoire ne peuvent pas?
"En lisant des livres d'histoire, on peut trouver des documents, des faits, mais ce n'est pas ce que nous avons vécu." Une phrase, persistante, que Rachid Ouramdane entend alors qu'il voyage sur les traces des violences militaires. Et effectivement, quel fossé entre vécu individuel et histoire officielle? Et que peut la danse que les livres d'histoire ne peuvent pas?
Les questions ne sont pas anodines pour qui montre le collectif au moyen du singulier. Ce sont celles qui innervent le corpus chorégraphique de Rachid Ouramdane depuis 13 ans et une quinzaine de pièces. Celles qu’il couvait déjà au coeur de l’association Fin Novembre, co-fondée avec Julie Nioche en 1996, celles qu’il développe, encore, depuis la création de la compagnie L’A. en 2007. Qu’elles concernent les récents bouleversements géographiques, les mouvements de populations ou les mutations engendrées par les nouvelles technologies, ses recherches visent à soumettre les identités contemporaines à la focale de la chorégraphie. À chercher à convertir au format scénique des témoignages collectés, pour la plupart, hors de l’enclos du studio de danse: c’était en 2001 De Arbitre à Zébra avec la communauté des catcheurs, lutteurs et boxeurs de la ville de Reims ou Surface de réparation, en 2007, avec 12 jeunes sportifs de la ville de Gennevilliers. Soit des séries de "portraits chorégraphiques" axés sur les relations souterraines qui lient les personnes à leurs pratiques. Des projets qui ne visent pas tant à esthétiser la pratique en question, à la « mettre en danse », qu’à en livrer un nouveau « montage ».
« Montage ». L’expression est appropriée pour qui accueille sous le vocable « danse », l’espace sonore, le bain lumineux et les outils vidéo. Au bord des métaphores (1999) inaugurait ce travail de friction entre les corps en scène et leurs captations vidéo, suivi depuis par + ou – Là (2002), qui interrogeait la « grammaire télévisuelle » ou Les morts pudiques (2004), sur la jeunesse et la mort, conçu sur des fragments d’histoires collectées sur le Net. Autant de créations qui, toutes, convergent vers un même souci formel : montrer un corps traversé par l’histoire des autres, qui imprime les spasmes de l’Histoire et enregistre les secousses du monde alentour. Des corps qui, tous, négocient l’espace avec des écrans vidéos comme autant de fenêtres sur l’extérieur, de prolongements du corps ou d’échantillon d’absences. Le travail de Rachid Ouramdane, c’est ainsi l’histoire de corps-archives, polyphoniques, souvent privés de visages – via casque de moto intégral, capuches, maquillage de clown ou tout avatar du masque qui entrave la stabilité de l'identité. La récurrence avec laquelle il s’empare de cette question identitaire – qu’elle soit sociale, géographique, culturelle – rappelle que le chorégraphe est issu de la seconde génération de l’immigration, né de parents algériens immigrés en France et que cette « troisième identité » hante son projet au point de donner naissance à Loin... solo aux teintes autobiographiques créé en 2008.
Depuis plusieurs projets, Rachid Ouramdane collabore au fil de ses voyages avec des documentaristes, et radicalise son questionnement sur les frontières entre danse et documentaire.
Parce que Rachid Ouramdane partage avec le metteur en scène et écrivain Pascal Rambert l’envie d'imaginer d'autres modalités de rencontre, la compagnie L’A. est en résidence au Théâtre de Genevilliers jusqu’en juin 2010. Elle est également associée à Bonlieu-Scène Nationale d’Annecy et est l’invitée de nombreux festivals internationaux.
Les questions ne sont pas anodines pour qui montre le collectif au moyen du singulier. Ce sont celles qui innervent le corpus chorégraphique de Rachid Ouramdane depuis 13 ans et une quinzaine de pièces. Celles qu’il couvait déjà au coeur de l’association Fin Novembre, co-fondée avec Julie Nioche en 1996, celles qu’il développe, encore, depuis la création de la compagnie L’A. en 2007. Qu’elles concernent les récents bouleversements géographiques, les mouvements de populations ou les mutations engendrées par les nouvelles technologies, ses recherches visent à soumettre les identités contemporaines à la focale de la chorégraphie. À chercher à convertir au format scénique des témoignages collectés, pour la plupart, hors de l’enclos du studio de danse: c’était en 2001 De Arbitre à Zébra avec la communauté des catcheurs, lutteurs et boxeurs de la ville de Reims ou Surface de réparation, en 2007, avec 12 jeunes sportifs de la ville de Gennevilliers. Soit des séries de "portraits chorégraphiques" axés sur les relations souterraines qui lient les personnes à leurs pratiques. Des projets qui ne visent pas tant à esthétiser la pratique en question, à la « mettre en danse », qu’à en livrer un nouveau « montage ».
« Montage ». L’expression est appropriée pour qui accueille sous le vocable « danse », l’espace sonore, le bain lumineux et les outils vidéo. Au bord des métaphores (1999) inaugurait ce travail de friction entre les corps en scène et leurs captations vidéo, suivi depuis par + ou – Là (2002), qui interrogeait la « grammaire télévisuelle » ou Les morts pudiques (2004), sur la jeunesse et la mort, conçu sur des fragments d’histoires collectées sur le Net. Autant de créations qui, toutes, convergent vers un même souci formel : montrer un corps traversé par l’histoire des autres, qui imprime les spasmes de l’Histoire et enregistre les secousses du monde alentour. Des corps qui, tous, négocient l’espace avec des écrans vidéos comme autant de fenêtres sur l’extérieur, de prolongements du corps ou d’échantillon d’absences. Le travail de Rachid Ouramdane, c’est ainsi l’histoire de corps-archives, polyphoniques, souvent privés de visages – via casque de moto intégral, capuches, maquillage de clown ou tout avatar du masque qui entrave la stabilité de l'identité. La récurrence avec laquelle il s’empare de cette question identitaire – qu’elle soit sociale, géographique, culturelle – rappelle que le chorégraphe est issu de la seconde génération de l’immigration, né de parents algériens immigrés en France et que cette « troisième identité » hante son projet au point de donner naissance à Loin... solo aux teintes autobiographiques créé en 2008.
Depuis plusieurs projets, Rachid Ouramdane collabore au fil de ses voyages avec des documentaristes, et radicalise son questionnement sur les frontières entre danse et documentaire.
Parce que Rachid Ouramdane partage avec le metteur en scène et écrivain Pascal Rambert l’envie d'imaginer d'autres modalités de rencontre, la compagnie L’A. est en résidence au Théâtre de Genevilliers jusqu’en juin 2010. Elle est également associée à Bonlieu-Scène Nationale d’Annecy et est l’invitée de nombreux festivals internationaux.









