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Loin...

Création à Bonlieu, Scène nationale d'Annecy, 2008

"Le voyage est souvent l’occasion de se revisiter, le moment pour faire le point sur son identité ou plutôt nos identités. Celles dont on hérite, que l’on porte dans le regard de l’autre et celles qu’on se projette, qu’on tente d’émanciper. Qu’elle soit nationale, économique, ethnique, minoritaire, culturelle, médiatique, sexuelle, psychologique, affective ; le voyage questionne ces strates identitaires qui se reconfigurent lors de tous nos déplacements. Ces différents visages de nous-mêmes ont alors souvent à négocier entre l’héritage d’un passé et une identité qui se construit au présent. C’est lors de ces mouvements qu’apparaît le sentiment d’être ETRANGER. Nos différences assumées et notre méconnaissance de l’ailleurs créent le lieu pour que notre regard puisse se repenser. Ce carrefour de la pensée est l’endroit autour duquel j’articule ce projet chorégraphique.
Lors d’un récent voyage au Vietnam et au Cambodge m’est apparue une autre façon de creuser ce sentiment d’être étranger. À l’occasion d’une discussion sur les violences des conflits qui ont secoué ces pays je me suis souvenu des pages du carnet militaire de mon père qui avait eu à fouler cette ex-Indochine. Au fur et à mesure de cette discussion, du fait de ma nationalité française je voyais qu’on me donnait la place d’un enfant d’ancien colon alors que ce qui liait mon père à cette Indochine était l’héritage d’une autre colonisation, la sienne en Algérie.
Une fois de plus lors de cet entretien m’apparaissaient les bouleversements et les traces occasionnés par la violence de conflits armés et auxquels on ne peut échapper quand on réfléchit la figure de l’étranger dans de nombreux endroits du monde.
Comment la violence des conflits armés nous rend-elle étranger ? Quelle sensibilité naît de cette violence ?
C’est la question qu’aborde ce projet itinérant suivant les pas d’un voyage effectué il y a plus de 50 ans."


Rachid Ouramdane

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Loin...

Conception et interprétation Rachid Ouramdane
Musique Alexandre Meyer
Vidéo Aldo Lee
Lumières Pierre Leblanc
Costumes, maquillage La Bourette
Décor Sylvain Giraudeau
Assistante de réalisation Erell Melscoët

Régie générale et son Sylvain Giraudeau
Régie vidéo Jacques Hoepffner
Régie lumières Stéphane Graillot

Production : L’A.
Coproduction :
Théâtre de la ville à Paris
Bonlieu, scène nationale d’Annecy
Biennale de la danse de Lyon
Avec l’aide du Fanal, scène nationale de Saint-Nazaire dans le cadre d’une résidence de création.
Avec le soutien de Cultures France, Wonderful district à Hô-chi-minh – Vietnam, de L’Ambassade de France au Vietnam – L’Espace, Centre culturel à Hanoï et le service de coopération et d’action culturelle à Hô-Chi-Minh, et le Théâtre de Gennevilliers.

L’A. remercie particulièrement Fatima Ouramdane, Tuan Andrew Nguyen, Tam Vo Phi, Tiffany Chung, Anna Tuyen Tran, Chong Dai Vo, Richard Streitmatter-Tran, Sandrine Llouquet, Tran Cong, Tran Luong, Dinh Q. Lê, Zoé Butt pour leurs mémoires, leurs paroles et leurs silences, Bertrand Peret pour son accueil chaleureux, Armando Menicacci, Jacques Hoepfner et Benjamin Furbacco pour leurs précieux conseils, Vanina Sopsaisana pour son accompagnement, Sylvaine Van Den Esch pour son regard attentionné.



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Loin...

Avril 2013
20 - Kaserne - Bâle (Suisse)

Octobre 2012
23, 24 - SPAF Festival - Séoul (Corée du Sud)

Février 2012

Les 22 et 23 - Mercat de les Flors - Barcelone (Espagne)

Mars 2011
Les 3, 4 et 5 - Auckland Arts Festival - Auckland City (Nouvelle-Zélande)

Décembre 2010
Le 9 - Le Safran - Amiens

Octobre 2010
Les 29 et 30 - festival DANCE - Munich (Allemagne)

Juillet 2010

Les 12 et 13 juillet - Teater der Welt - Essen (Allemagne)


Mai 2010

Le 5 mai - Brighton Dome Festival (Royaume-Uni)

Le 7 mai - Southbank Center - Londres (Royaume-Uni)

Le 27 mai - Pôle Sud - Strasbourg

Avril 2010

Le 1er - Théâtres en Dracénie - Draguignan

Le 18 - festival Springdance - Utrecht (Pays-Bas)

Le 21 - TanzQuartier - Vienne (Autriche)


Mars 2010

Du 11 au 13 - Harbourfront Centre - Toronto (Canada)

Du 18 au 20 - Centre National des Arts - Ottawa (Canada)


Février 2010

Le 17 - Les Hivernales - Avignon

Le 20 - Primavera dei Diritti - Festival de Bari (Italie)


Décembre 2009

Le 04 - Les Halles de Schaerbeck - Bruxelles (Belgique)


Octobre 2009
Le 1er - Forum Culturel - Meyrin (Suisse)
Le 19 - festival Nottdance - Nottingham (Royaume-Uni)

Le 24 - festival IDans  - Istanbul (Turquie)


Juillet 2009

Le 2 - festival Open Look - Saint-Pétersbourg (Russie)

Du 26 au 29 - Festival d'Avignon


Juin 2009

Le 16 - festival d'Athènes (Grèce)

Mai 2009

Les 18 et 19 - Dublin Dance Festival (Irlande)


Avril 2009

Le 26 - festival BIPOD - Beyrouth (Liban)

Les 17 et 18 - Laboral Escena - Gijon (Espagne)

Les 8 et 9 - Montpellier danse


Mars 2009

Du 6 au 13 - Théâtre de Gennevilliers


Janvier 2009
Les 23 et 24 - Teatro Central - Séville (Espagne)
Le 28 - Teatro Alhambra - Grenade (Espagne)
Les 30, 31 et 1er février - festival Escena contemporanea - Madrid (Espagne)


Novembre 2008
Le 14 - Théâtre d'Arles / festival DANSEM

Octobre 2008
Les 15 et 16 - Dampfzentrale - Bern (Suisse)

Septembre 2008
Du 24 au 27 - Biennale de la danse de Lyon

Août 2008
Les 18 et 19 - festival Tanz im August - Berlin (Allemagne)

Juin 2008
Le 12 - festival Latitudes contemporaines - Lille

Mai 2008
Les 8, 9 et 10 - Dance theater workshop - New York (Etats-Unis)
Les 16 et 17 - Institute of contemporary art - Boston (Etats-Unis)

Mars 2008
Du 4 au 7 - Bonlieu Scène nationale - Annecy
Du 12 au 15 - Théâtre de la ville - Paris
Le 18 - Le Fanal - Saint-Nazaire

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Loin...

Libération, le samedi 8 mars 2008
Par Marie-Christine Vernay


Ce n’était pas prémédité mais, en une soirée à Bonlieu, scène nationale d’Annecy, on a vite compris que le politique se frayait une nouvelle place sur la scène contemporaine. Avec Loin… autoportrait de Rachid Ouramdane et Text to Speech de Gilles Jobin, le public est propulsé sur les autoroutes de l’information, de la propagande. Les deux spectacles sont très différents dans la facture, l’esthétique, et pourtant ils se saisissent l’un et l’autre de la question de l’engagement, comme s’il s’agissait de réinjecter du politique sur le plateau pour ramener la culture dans le débat.
Le Suisse Gilles Jobin donne dans la politique fiction, imaginant, sans doute pour mieux prouver que son pays n’est pas si neutre, qu’une guerre entre catholiques et protestants se déclenchait à Genève. A partir de cette blague suisse, le chorégraphe met en scène sa table rouge, en référence à la prémonitoire Table verte de Kurt Jooss (1932). Elle est encombrée d’ordinateurs qui traitent l’info en direct. Cette autoroute de l’information traverse les salons les plus feutrés. Les écrans diffusent, outre les nouvelles les plus morbides, de bonnes flambées qui crépitent dans l’âtre. La scène est encombrée, les corps sont exposés, dans tous les sens du terme. Au tohu bohu des news et autres brèvouilles qui annoncent les morts à Bagdad, Jobin oppose le luxe, le calme et la volupté de la flambée sur ordi. Evidemment c’est une blague suisse.
Le solo de Rachid Ouramdane (photo), qui utilise aussi le texte et le reportage, lie l’histoire personnelle et la grande histoire. Il s’agit aussi de guerre, de son père algérien raconté par sa mère, intégré aux corps expéditionnaires français en Indochine. Et voilà que le corps du danseur et chorégraphe français retrouve son étrangeté parce qu’il est choqué, parce qu’il est secoué, parce qu’il ne jure que par une sensualité retrouvée. Les mains sont si belles. Un solo du colonisé qui devient colon. Toute une expédition ! On retrouvera ces spectacles en mars à Paris au théâtre de la Ville.

Le New York Times, le 10 mai 2008
Par Alastair Macaulay, 

Un homme, seul en scène, feuillette un album de famille inquiétant

Les strates multiples de « Loin… », extraordinaire œuvre intime et poétique d’une heure, créée par le danseur et acteur multi-média Rachid Ouramdane, dévoilent des aspects de ce qu’on pourrait appeler le syndrome de stress post-traumatique, post-invasion. Avec ses facettes politiques, sociologiques et psychologiques, « Loin… » est une œuvre d’art captivante, sans structure explicite, souvent ambiguë et versant vers l’ineffable : c’est un one-man-show sur l’inconscient collectif. 

Dès le début, on se retrouve dans le monde intérieur de Rachid Ouramdane. Au commencement, il demeure dans l’ombre, et regarde (comme nous) un film montrant des espèces de vaguelettes formant des motifs qui peu à peu, comme un souvenir, se dissolvent sur le visage d’une femme dont on entend la voix depuis le début. On découvre alors qu’il s’agit de sa mère. De manière douce, posée, intime, elle raconte comment son époux fut torturé ; son père, son oncle et d’autres membres de sa famille tués ; et comment, en Algérie comprend-on, la Légion allait jusqu’à massacrer les poulets. (…)

Pourtant, « Loin… » ne se résume pas à l’histoire de la famille de Rachid Ouramdane. Grâce à des supports audio et vidéo, en français et en anglais, sont narrés les récits d’autres vies, soumises à la colonisation et aux invasions étrangères. Le danseur prend aussi la parole, en un débit rapide, murmuré, aux accents minimalistes, collage de pensées poétiques, semi-absurde, semi-aléatoire. À plusieurs reprises émerge l’idée de la défaite des valeurs éthiques. 

Pourtant, quand Rachid Ouramdane se met ensuite à danser, il le fait avec une énergie transformée. Cette fois il ne voyage plus guère, et ses pieds quittent à peine le sol. Vaguelettes et convulsions remontent à travers son corps. L’expression se fait compulsive, presque torturée, comme si l’artiste ressentait l’électricité qui mit son père au supplice. Le repos semble alors impossible. Des éclairs rapides, stroboscopiques s’abattent sur son visage, ses mains, ses pieds. Ses mains s’agitent comme des phalènes affolés. 

Les parties dansées de « Loin… » sont volontairement limitées dans leur portée, et malgré le sens que je leur accorde, ce sont les moments les plus mystérieux du spectacle. Ce sont aussi les passages les plus exceptionnels, étant donné la fluidité du courant de conscience et de l’engagement continu de la performance physique de Rachid Ouramdane. En y assistant, on a l’impression de passer du moi au ça, de la conscience à l’inconscient, qui semblent incarner les états changeants du sentiment post-traumatique. 
 

Retrouvez la vidéo de la conférence de presse donnée par Rachid Ouramdane le 23 juillet en cliquant sur le lien suivant:
http://www.festival-avignon.com/index.php?r=126&showYear=2009&showVideo=1525#selected_video

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Loin...

 


L'A. / Rachid Ouramdane
9, rue de la Pierre Levée
75011 Paris
Tel : +33 (0)1 43 55 15 89
contact@rachidouramdane.com